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Peace for Paris, Jean Jullien

Nous sommes tous Paris

En réaction au drame survenu à Paris la semaine dernière, nous tenons à exprimer notre solidarité avec les familles des victimes des attentats. Ce qui s’est passé nous concerne tous. Et ni l’indignation, ni un sentiment d’injustice, tout à fait légitimes dans les circonstances présentes, ne devraient nous décourager d’affirmer notre droit de profiter de la vie comme nous le souhaitons.

Nous avons décidé de partager avec les lecteurs de notre blog le témoignage d’un de nos employés qui a eu la chance d’assister à un concert dans la salle de concerts du Bataclan. Chance, car le concert a été excellent. Chance, car ce jour-là, tout le monde a pu profiter du spectacle sans entraves. Chance, que n’ont malheureusement pas eu les  spectateurs venus dans la même salle cinq jours plus tard…

 « J’ai reçu mon ticket en cadeau d’anniversaire. Surprise : Nina Hagen à Paris ! J’étais très curieux de voir (et entendre) ce que pouvait présenter aujourd’hui la chanteuse allemande que j’écoutais au milieu des années 80. Retour vers le No Future ? Yes ! J’ai été, on a tous été servis. Après une introduction sympa assurée par la jeune équipe de Pungle Lions, oscillant autour du reggae festif, le concert de la punkette allemande a démarré par une chanson …country. La deuxième était un blues…Et dans la suite on a entendu du blue-grass, du cabaret, de la poésie chantée, du reggae, de la new wave, de la musique yiddish, et des reprises des classiques (de « Riders on the Storm » de The Doors à « My Way » à la sauce Sid Vicious…). Le tout interprété par des musiciens maîtrisant parfaitement leur art, capables de retrouver dans chaque style la vibration hautement communicative du son sans frontières. Et la punkette devenue Diva ne fut pas en reste.  Alternant des registres de voix variés, passant  de la Louisiane des travailleurs noirs aux cabarets enfumés de Berlin d’entre deux-guerres, revenant à Los Angeles des hippies et repartant dans la distorsion spatiale des expérimentations sensorielles, elle a fait voyager tout le public avec elle. Qui plus est, le spectacle ne s’est pas limité au contenu strictement artistique. Nina a en effet accompagné ses productions de nombreux commentaires et déclarations hors-musicales, parlant de l’attitude des politiques, de la tolérance, de la coexistence. Et de la Paix. Le mot est revenu souvent, très souvent durant le spectacle, ponctuant les appels à la tolérance, à la vie sans entraves d’idéologie ou de discipline démesurées. L’ambiance n’en fut que plus chaleureuse. A la fin du concert, prolongé par les bis généreux, au milieu des applaudissements du public surchauffé, une fille avec un petit sac à dos a grimpé sur la scène pour rendre ses hommages à l’artiste. Nina Hagen a accueilli son petit bouquet de fleurs avec un plaisir manifeste et a longtemps serré la fille dans ses bras. Ensuite elle a fait ses adieux, en parlant du plaisir qu’elle avait à venir jouer à Paris et  a quitté la scène en promettant d’y revenir bientôt. Si le concert était bien fini, la vibration résonnait encore longtemps dans ma tête. J’entends encore les gens autour de moi, qui sortaient de la salle remplis de bonne énergie, discutant de ce moment magique qu’il avaient eu le privilège de vivre. Et c’est bien ce souvenir-là que j’ai envie de garder  aujourd’hui, après ce déferlement de violence qui a touché un autre public, un autre soir, dans la même salle. Le souvenir d’un grand moment de joie et de communication, du plaisir d’être et de s’amuser ensemble. »

D’après les informations diffusées dans la presse, les gérants du Bataclan sont prêts à redémarrer les programmations de la salle dès la fin des travaux de réparation.On ne peut que saluer leur détermination et volonté de continuer à faire vivre la passion de la musique, la leur et la nôtre.

Bon courage, donc, et à bientôt !

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