Projet « Monteiro » : quand le néon prend de la hauteur
Certaines installations lumineuses ne se contentent pas d’habiller un mur.
Elles traversent l’espace, accompagnent l’architecture et changent la façon dont on regarde un lieu. Le Projet « Monteiro » fait clairement partie de celles-là : une structure aérienne en néon haute tension, pensée comme un entrelacs de lignes lumineuses suspendues dans un hall en grande hauteur.

L’intention était ambitieuse : sortir le néon de son usage traditionnel d’enseigne pour en faire une véritable sculpture graphique en trois dimensions. Ici, les tubes ne signalent pas seulement une présence. Ils dessinent un mouvement. Leur tracé évoque des lassos lumineux, comme si une ligne blanche avait été lancée dans l’air, puis figée avec précision entre les volumes du bâtiment.
Pour parvenir à ce résultat, le principal enjeu était presque paradoxal : installer une structure physique complexe tout en conservant une impression de légèreté. Car, derrière cette apparente simplicité se cache un vrai travail de calcul, de repérage et de pose.
Plan projet :

Les tubes en néon haute tension Ø18/20 mm ont été suspendus grâce à un système de filins acier galvanisé de seulement 1 mm de diamètre. Une finesse volontaire, pour que l’oeil se concentre sur le tracé lumineux et non sur la mécanique qui le tient. Chaque point de suspension a pourtant été dimensionné avec une marge de sécurité importante : jusqu’à 15 kg par point, alors que les tubes pèsent environ 650 g en moyenne.

Autre défi : conserver la fluidité des courbes dans l’espace. Pour maintenir les tubes sans casser la lecture visuelle, nous avons utilisé des supports sur mesure en PMMA cristal de 30 mm, usinés avec des perçages de précision. Leur transparence permet d’assurer la tenue mécanique tout en restant très discrète. Les réglages se sont ensuite joués au millimètre, notamment grâce aux serre-câbles à croix Jacob-Rope, afin de respecter la géométrie initiale.
Installation des supports dans le détail :




Le chantier demandait également une organisation très rigoureuse. Plus de 100 points d’ancrage ont été reportés au plafond technique, avec des suspentes répertoriées de SU1 à SU111, sur des longueurs allant d’environ 600 mm à plus de 8 mètres. Le mode opératoire prévoyait une intervention par zones, avec échafaudages roulants ou nacelles selon les emplacements, et une équipe de cinq techniciens sur deux semaines afin de limiter l’impact sur les occupants du site.

C’est souvent là que se joue la réussite d’un projet de ce type : dans les détails que l’on ne voit presque plus une fois l’installation terminée. Les ancrages adaptés aux supports, les fixations dans le faux plafond, le béton ou la structure porteuse, le passage discret du câblage électrique, le calage des hauteurs, la coordination en hauteur… Tout doit disparaître au profit d’une ligne claire, continue, presque évidente.




Une fois allumée, l’installation prend toute sa dimension. Les courbes blanches dialoguent avec les passerelles, les parois vitrées, les volumes verticaux et la lumière naturelle du hall. De jour, elles apportent un dessin net dans l’architecture. De nuit ou en ambiance plus tamisée, elles deviennent un repère lumineux, élégant et légèrement spectaculaire, sans jamais alourdir l’espace.

Nous remercions Bleu Dalkans, Jeffrey et le Groupe M pour ce projet singulier, à la croisée de l’art, de la technique et de la mise en lumière architecturale. Une belle occasion, pour Exo Signs, de montrer que le néon peut encore surprendre, quand il est pensé, fabriqué et posé avec exigence.